Peggy, infirmière au CHU de Nantes

A la rencontre de Peggy, infirmière en télécardiologie et rythmologie interventionnelle à l’Hôpital Nord Laennec.

J’ai fait des études en médecine avant de choisir de faire une formation en STAPS (sciences et techniques des activités physiques et sportives) pour devenir kinésithérapeute du sport. Les études me plaisaient mais j’ai vite réalisé que le soin et la technique allaient me manquer. C’est pour cette raison que j’ai finalement décidé de passer un concours pour devenir infirmière à Nantes.

Au début de ma carrière j’ai travaillé en soins de suite gériatrique. Puis rapidement j’ai ressenti un besoin d’avoir des connaissances plus précises. Je me suis dit qu’il me fallait un service avec une spécialité d’organe et j’ai eu l’occasion de muter en cardiologie conventionnelle. Après avoir intégré les soins intensifs de cardiologie pendant 7 ans, j’ai transitionné vers le bloc de rythmologie interventionnelle où j’exerce depuis plus de 7 ans.

C’est l’étude et le traitement des troubles du rythme et de la conduction cardiaque. Si votre cœur bat trop vite, trop lentement ou de manière anarchique, c’est l’endroit pour le traiter. Certains troubles du rythme sont invalidants, d’autres mettent directement en jeu le pronostic vital des patient·e·s. Leur traitement est essentiel à la bonne santé des patient·e·s et à leur bien-être au quotidien. Nous y réalisons des procédures interventionnelles, c’est-à-dire que nous travaillons en passant par les voies vasculaires des patient·e·s, artères ou veines, afin d’atteindre le cœur, sous contrôle radiologique.

J’assiste le médecin dans la réalisation du geste médical, la gestion de la douleur et la sécurité des patient·e·s. La plupart de nos interventions sont réalisées avec des appareils de radiologie, sous sédation. Je suis toujours attentive au ressenti et au bien-être des patient·e·s dans ces moments assez stressants. J’étudie les rapports qui nous sont transmis pour m’assurer que le système fonctionne correctement et je gère les alertes qui nous sont envoyées. Cela nécessite d’avoir des connaissances approfondies en matière de rythmologie.

Il faut des connaissances théoriques mais également un savoir-être.

Le travail au bloc opératoire est exigeant, il faut avoir de la rigueur, de la méthode et de la concentration. Les rythmologues interventionnel·le·s avec qui nous travaillons attendent beaucoup de nous et nous devons être à la hauteur de ces attentes. Le mot d’ordre en salle est « anticipation ». Il faut également savoir faire face à des situations d’urgence, cela arrive régulièrement. Mais avant tout, il faut accompagner les patient·e·s dans les moments stressants.

Nous ne voyons plus directement les patient·e·s, même si nous avons contact avec eux régulièrement au téléphone. C’est inhabituel pour nous de passer la journée devant des ordinateurs. Il faut s’assurer du bon fonctionnement des prothèses cardiaques, détecter les troubles du rythme et les éventuels dysfonctionnements de l’appareillage. Et pourtant ce service est très bénéfique pour les patient·e·s qui évitent des déplacements inutiles jusqu’à l’hôpital. Il a été également montré que ce dispositif s’accompagne d’une diminution du nombre d’hospitalisations et de complications comme les AVC.

Ce que j’apprécie dans ce service c’est d’apprendre tous les jours davantage : la technicité, le savoir, le travail d’équipe, l’accompagnement… Le fait de travailler dans une grande structure comme le CHU de Nantes nous permet de réaliser des procédures diverses et variées, qui requièrent une forte technicité. C’est ainsi qu’on acquiert une grande compétence.

En plus, nos conditions de travail sont plutôt confortables. Nous sommes deux infirmières par salle de bloc, ainsi qu’une équipe aide-soignante. Nous avons des infirmières dédiées à la télésurveillance, une infirmière volante en soutien, une équipe médicale conséquente, des équipes d’anesthésie, du matériel adapté et des salles confortables.

Nous avons la chance d’avoir une équipe pluridisciplinaire qui travaille bien ensemble, dans le respect et le soutien. La collaboration efficace est très importante dans un bloc opératoire. La finalité est de s’assurer de la bonne prise en charge, de la sécurité, et du confort des patient·e·s ainsi que de l’efficacité de la procédure.

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