Prendre une heure avec un·e patient·e, prendre en compte la douleur, la fatigue ou l’impact psychologique d’une maladie chronique, adapter un traitement… C’est avec cette approche globale du soin qu’Émilie exerce son métier d’infirmière en pratique avancée en rhumatologie, depuis septembre 2025.
Elle a été infirmière pendant 20 ans. Aux urgences à Paris d’abord, puis en orthopédie et en rhumatologie au CHU de Nantes. À partir de 2017, elle rejoint les consultations de rhumatologie du CHU et s’oriente vers l’éducation thérapeutique.
Passionnée, Émilie décide d’approfondir ses compétences en rhumatologie avec un diplôme universitaire qu’elle décroche en 2020. Mais, lors d’un stage, sa rencontre avec une infirmière en pratique avancée (IPA) est un « vrai déclic ». « C’était exactement ce que je voulais faire ! », raconte-t-elle.
Elle intègre donc le master d’IPA en 2023, financé par le CHU. Alors mère de deux enfants dont un bébé de huit mois, Émilie s’accroche. En juin 2025, elle obtient son diplôme et prend ses nouvelles fonctions en septembre.
Depuis, elle peut assurer des consultations seule mais toujours en lien étroit avec les rhumatologues. « J’ai acquis des compétences cliniques que je n’avais pas avant. Je réalise désormais des bilans de santé complets. Je regarde les traitements et aussi tout ce qui gravite autour : la douleur, le sommeil, l’activité physique, l’alimentation… ».
Avec 15 à 25 consultations par semaine, Émilie, seule IPA du service, coordonne les parcours des patient·e·s et les oriente si besoin vers des spécialistes. Elle leur propose également des approches non médicamenteuses complémentaires, notamment pour la douleur chronique. « Avoir du temps pour écouter, ça change tout : les patient·e·s se sentent mieux suivis », conclut-elle.
Un atout pour l’accès et la qualité des soins
En 2025, au CHU de Nantes, les 30 infirmières en pratique avancée (IPA) ont contribué à améliorer l’accès aux soins en réduisant les délais de consultation et en fluidifiant les parcours de santé. Elles ont aussi renforcé le suivi des patient·e·s chroniques grâce à des consultations dédiées et à un accompagnement au long cours. Enfin, en assurant le suivi des patient·e·s en phase stable, elles ont libéré du temps aux médecins, leur permettant de se concentrer sur les situations les plus complexes.