Rencontre avec ce trio de conseillères conjugales et familiales qui collabore au quotidien pour accueillir les patient·e·s, au centre Simone-Veil (maternité du CHU). Un métier encore méconnu, qui aborde des sujets trop souvent tabous.
Comment décrieriez-vous votre métier à quelqu’un qui n’en a jamais entendu parler ?
C’est un métier d’accompagnement, d’empathie et d’écoute, permettant de se poser, quel que soit son âge, seul·e ou en couple, dans un cadre sécurisant pour échanger sur tous les sujets qui peuvent être en lien de près ou de loin aux relations, au rapport au corps, à l’estime de soi et à la sexualité.
En prenant rendez-vous avec vous, de quoi les patient·e·s peuvent-ils ou peuvent-elles venir vous parler ?
On peut parler de tous les sujets en lien à la vie affective et sexuelle : désir ou non de grossesse, du couple ou de la famille, de violences, de sexualité, de contraception…
Quel est votre rôle pendant les consultations ?
Écouter, expliquer, questionner, soutenir. Et si besoin, réorienter. Nous ne donnons pas de conseil mais nous « tenons conseil » : c’est-à-dire qu’il s’agit de faire circuler la parole, de « tirer des fils » et des idées, pour cheminer.
Travailler au Centre Simone Veil, ça change quoi dans votre pratique ?
Ça nous apporte de pouvoir échanger en équipe pluridisciplinaire et d’accueillir un public large et pluriel. Nous sommes trois conseillères conjugales et familiales, ce qui nous permet d’échanger et de nous soutenir sur la prise en charge de situations difficiles. Mais la richesse est aussi de travailler avec d’autres professionnel·les tel·les que des secrétaires, une agente des services hospitaliers, des infirmières, des médecins, des sages-femmes et beaucoup de stagiaires !
Quelle a été votre formation ?
Depuis 1995, Sandrine est sage-femme. En 2013, elle avait besoin d’apporter davantage d’écoute et de soutien psychologique à ses patientes. Elle a alors démarré sa formation de deux ans de conseillère conjugale et familiale, à Lyon.
Claire a passé sa maîtrise de psychologie avant de s’engager dans sa formation d’éducatrice à la vie affective et sexuelle et enfin de conseillère conjugale et familiale.
Anne-Sophie a longtemps été conseillère principale d’éducation en milieu scolaire, souvent en contact avec le malaise des jeunes et des familles. Elle constatait le peu d’espaces de lieux d’écoute pour pouvoir les accompagner, ce qui a déclenché son désir de formation : d’abord d’éducatrice à la vie affective et sexuelle, puis de conseillère conjugale et familiale.
Qu’est-ce qui vous donne envie de venir travailler le matin ?
Aucune journée ne se ressemble ! La cohésion d’équipe. Les rencontres. Avoir la sensation d’apporter un peu plus d’humanité au monde.
Qu’apportez-vous aux personnes qui viennent vous voir ?
La possibilité d’être et de ressentir. De pleurer ou de rire. D’avancer. Un lieu qui permet d’être écouté·e et regardé·e, sans jugement.
Est-ce qu’un moment ou une rencontre vous a particulièrement marquées ?
Pour chacune de nous, les rencontres les plus saisissantes sont les personnes victimes de violences, les mineur·es en situation de prostitution, les personnes aux parcours migratoires jalonnés de violences. Et de constater l’impuissance de notre société à les protéger.
Pour terminer, y-a-t-il une fierté que vous gardez en tête ?
Tout un tas de petites fiertés, des remerciements, des sourires, des illuminations dans le regard, des patient·es qui reviennent, des patient·es qui s’en sortent…