Empathique, passionnée et un brin entêtée, Florence exerce le métier de sage-femme depuis 29 ans au CHU de Nantes. Un choix du cœur, nourri très tôt par une enfance au sein d’une grande famille : « Ma mère avait six frères et sœurs. J’ai grandi entourée de mes tantes enceintes ou allaitantes, bercée par leurs récits d’accouchements. »
Une vocation évidente, un engagement constant
Très vite après l’obtention de son diplôme, Florence rejoint les équipes du CHU de Nantes, un établissement qu’elle connaît bien car elle y a fait ses études. Ce lien de proximité devient un socle solide pour construire un parcours professionnel centré sur l’humain et le soin global.
Ses missions aujourd’hui sont multiples, et intègrent à la fois la prévention, la coordination des parcours (et notamment les sorties anticipées de maternité), le soutien à la parentalité tout au long de la grossesse et l’accompagnement postnatal avec une attention particulière au dépistage de la dépression du post-partum.
Pas de journée type, mais une constante : la transmission
Difficile pour elle de décrire une journée « classique » tant ses tâches sont variées : « Ce qui est sûr, c’est que la transmission des informations reste un temps clé, pour garantir une prise en charge fluide et adaptée. » Pivot au sein de l’équipe, elle joue souvent un rôle d’interface entre les patientes et les autres professionnels, en lien avec les acteurs hospitaliers, libéraux et de la PMI.
Ce qui l’anime ?
« La pluriculturalité des patientes, les histoires de chacune toujours singulières, l’absence de routine. Et surtout, accompagner les premiers pas de parents, c’est un privilège. »
Un travail riche, parfois éprouvant émotionnellement : « On vit des moments très forts, dans la joie comme dans la douleur. Alors on écoute sans juger, on donne du temps… Et puis on relâche la pression autour d’un fou rire en salle de pause. »
Une sage-femme au-delà des clichés
Florence le dit sans détour : « Oui, c’est un beau métier. Mais non, il n’est pas toujours rose et bleu. » Elle tient à déconstruire quelques idées reçues sur la profession : « Tu es sage-femme et tu ne fais plus d’accouchements ? » « Tu es toujours en train de pouponner ? ».
Des phrases qui ne reflètent ni la richesse ni l’évolution du métier. « Réduire notre rôle à l’accouchement est très réducteur. Les sages-femmes sont aujourd’hui des actrices majeures de la santé des femmes, tout au long de leur vie. »
Des combats qu’elle porte au quotidien
Certaines causes lui tiennent particulièrement à cœur : la place du coparent dans l’accompagnement, la prévention de la mort inattendue du nourrisson, celle du syndrome du bébé secoué (elle a d’ailleurs créé un outil pour sensibiliser à ce sujet) ou bien encore la dépression du post-partum.
Un message à faire passer ?
À celles qui s’apprêtent à devenir mères : « Osez dire vos besoins et nommer vos émotions. Constituez votre « village » dès la grossesse, avec l’entourage et les pros. ».
Et aux jeunes sages-femmes : « Acceptez de ne pas pouvoir tout faire. Parfois, le contexte ou la disponibilité des patientes rend l’aide difficile. Et c’est OK. ».
Les sages-femmes au CHU de Nantes : un engagement à 360° pour la santé des femmes
Avec 125 sages-femmes (dont 1 homme), le CHU de Nantes s’appuie sur une équipe plurielle, mobilisée dans de nombreux domaines autour de la santé des femmes. Autour de la naissance, elles et il interviennent à chaque étape du parcours :
- consultations prénatales et échographies
- hospitalisation des grossesses à haut risque
- urgences gynéco-obstétriques
- salle de naissance (bloc obstétrical)
- suites de couches
Leur expertise s’étend aussi à la procréation médicalement assistée (PMA), au diagnostic anténatal et à la réalisation de l’IVG instrumentale.
En 2024, 4 195 naissances ont été enregistrées au CHU de Nantes. Malgré un capacitaire parfois contraint, l’établissement reste une maternité d’excellence reconnue tant pour son accompagnement physiologique des naissances que pour la prise en charge des pathologies maternelles et néonatales complexes.
Cette reconnaissance favorise un recrutement plus fluide qu’ailleurs, dans un contexte où la profession reste pourtant globalement en tension au niveau national.
Le CHU de Nantes veille à proposer :
- un accueil chaleureux et bienveillant
- une souplesse dans les parcours professionnels : les sages-femmes peuvent évoluer tous les 4 mois selon leurs souhaits entre les différents services, favorisant l’entretien des compétences et la compréhension mutuelle des réalités de terrain
- un accompagnement actif des évolutions professionnelles, avec une attention particulière portée au développement des compétences
Enfin, grâce à leur statut médical, les sages-femmes sont pleinement impliquées dans les projets de recherche menés au sein du pôle mère enfant et en gynéco-obstétrique. Certaines collaborent avec le centre d’investigation clinique (CIC), d’autres s’engagent dans des parcours doctorants ou post-doctoraux.