Rencontre avec Jillian, une aide soignante de nuit en réanimation chirurgicale polyvalente.
Qu’est-ce qui vous a donné envie de devenir aide-soignante ?
J’ai toujours voulu être dans le soin. En tant qu’aides-soignant·e·s, nous sommes au plus près des patient·e·s et des familles. En réanimation, nous effectuons des soins complexes et c’est très intéressant.
Pourquoi avoir choisi la réanimation chirurgicale polyvalente ?
Avant, j’ai travaillé pendant 10 ans au bloc de l’hôpital femme-enfant. Pendant le COVID, je suis venue en renfort en réanimation polyvalente et j’ai adoré ! Ça bouge beaucoup.
C’est quoi, pour vous, une “bonne nuit” en réanimation ?
Une bonne nuit, c’est une nuit où l’activité est modérée, sans que nous soyons submergé·e·s, car nous sommes moins la nuit. C’est aussi avoir le temps de rassurer les patient·e·s et leurs familles.
Qu’est-ce qui est le plus exigeant dans votre métier de nuit ?
Travailler la nuit demande de l’adaptation car nous sommes en constant décalage. Il faut savoir rester vigilant·e·s à n’importe quelle heure. Les urgences arrivent sans prévenir.
Et à l’inverse, ce qui vous donne le plus de fierté ?
Je suis ravie quand les patient·e·s reviennent nous faire un coucou quand ils·elles sont sorti·e·s de rééducation, c’est très gratifiant !
Comment créez-vous du lien avec des patient·e·s parfois inconscient·e·s ou très fragiles ?
Nous avons ce que nous appelons des fleurs à distribuer aux familles pour qu’elles puissent noter ce que leur proche aime, ce qu’il·elle écoute comme musique, si il·elle a des animaux de compagnie, leur famille, etc. C’est très utile pour créer un lien et engager la discussion. Si le patient ou la patiente est inconscient·e, en général, je lui parle de sa famille ou je lui mets la musique qu’il·elle aime.
Travailler la nuit, ça change quoi dans la façon d’exercer votre métier ?
La nuit c’est vraiment chouette car nous avons plus de temps avec les patient·e·s, nous travaillons beaucoup en binôme et nous pouvons organiser notre travail comme nous voulons (avec un ordre de priorités bien sûr !). Nous avons la chance d’avoir des super médecins avec qui la communication est fluide. C’est vraiment appréciable.
Si vous deviez résumer votre métier en 3 mots ?
Patience, douceur et discipline.
Un message pour ceux qui hésitent à devenir aide-soignant·e ?
N’hésitez pas, c’est une superbe aventure ! On vit plein de moments chouettes, même s’il y a des épreuves assez difficiles aussi. On fait des rencontres qu’on n’oublie pas, et entre collègues, on se soutient les un·e·s les autres.
Ce que vous aimeriez que les patient·es et les proches retiennent ?
Ce que je voudrais que les gens retiennent c’est que l’habit ne fait pas le moine. On peut avoir un look un peu différent, mais ça ne fait pas de nous des soignant·e·s moins compétent·e·s. Nous sommes là pour aider, même si les étapes par lesquelles les patient·e·s passent en réanimation sont très complexes.