Alice Cosnier accompagne des enfants, des adultes et leurs proches confrontés à la surdité. Une écoute attentive qu’elle prolonge auprès d’enfants placés et de femmes fragilisées. Trois engagements qui, pour elle, soulignent l’importance d’être en lien à l’autre.
Les trois engagements d’Alice
1 – Psychologue clinicienne à mi-temps dans le service ORL du CHU, dans deux unités :
- le Centre d’action médico-sociale précoce (CAMSP) audition qui accueille et accompagne tous les enfants de 0 à 6 ans présentant des difficultés de communication ou d’évolution du langage ;
- le centre référent en implants cochléaires (prothèses auditives).
2 – Psychologue à mi-temps au sein de l’association Linkiaa, association de protection de l’enfance en Loire-Atlantique : Alice Cosnier intervient à Paimboeuf dans une Maison d’enfants à caractère social (MECS).
3 – Bénévole au sein de l’association nantaise Question Confiance, qui accompagne des femmes fragilisées ayant un désir de reconstruction. C’est un lieu d’écoute et de partage.
Pourquoi avoir choisi de devenir psychologue ?
J’ai toujours été attirée par la rencontre avec l’autre. J’avais envie d’exercer un métier où il faut écouter l’autre, s’adapter et se laisser surprendre. Ce qui me plaît, c’est d’accompagner chacun·e là où il·elle en est.
Qu’est-ce que la surdité a changé dans votre métier ?
Avec une personne sourde, il faut apprendre à écouter autrement, au-delà de la parole. La lumière, le regard, l’expression du visage, la posture, la position dans la pièce…: tout compte. Il faut être créatif·ve, trouver d’autres moyens d’être en lien. Cette pratique m’a confirmé que la relation se construit bien au-delà des mots.
Vous dites que vos trois engagements forment une continuité. Pourquoi ?
Parce qu’ils sont reliés par un seul et même fil : celui de mon cadre de rencontre avec l’autre. Au CHU, j’accompagne des enfants, des adultes et des familles qui traversent une étape importante autour de la surdité. À Linkiaa, je travaille auprès d’enfants qui ont besoin d’être protégés. À Question Confiance, j’accueille des femmes en reconstruction. Les contextes changent, mais il s’agit toujours d’offrir un « espace cocon », une bulle de sécurité pour que chacun·e puisse s’exprimer et avancer à son rythme.
Comment ces différentes expériences nourrissent-elles votre pratique de psychologue ?
Au CHU, je suis surtout du côté de la prévention ; à Linkiaa et à Question Confiance, davantage du côté de la protection. Ces deux approches sont très complémentaires et m’apportent une vision plus globale. Elles me rappellent aussi qu’il ne s’agit jamais de faire à la place des personnes mais, au contraire, de les rendre actrices de leur parcours. Par ailleurs, mon engagement auprès des femmes avec Question Confiance s’est imposé à moi comme un prolongement naturel de mon activité auprès des enfants et des familles.
Finalement,thé ou café ?
Thé sans hésiter !